Les quartiers

Park Güell © Turisme de Barcelona / J. Trullàs

Park Güell © Turisme de Barcelona / J. Trullàs

On ne peut concevoir la réalité de Barcelone sans tenir compte de ses quartiers qui rendent cette réalité mouvante.

Ceux qui gardent avec le plus de force et de persistance leur personnalité sont les anciens villages des alentours qui sont restés indépendants pendant des siècles jusqu’à ce que l’expansion de la ville, modelée par le quadrillage du plan Cerdà, efface les zones de séparation et envahisse les différentes communes.

Sarrià, à l’ouest de la ville sous les monts de Collserola, conserve son caractère traditionnel dans la partie la plus ancienne, qui entoure l’église de Sant Vicenç et où vécut le grand poète J.V. Foix. Cette partie est entourée d’une vaste zone résidentielle où les immeubles modernes voisinent avec des demeures anciennes, dont certaines sont de beaux échantillons du Modernisme, de grands couvents et des écoles religieuses. Le monastère de Pedralbes est habité par des soeurs Clarisses depuis le XIVe s. ; fondé par la reine Elisenda de Montcada, dernière épouse de Jaume II, c’est l’un des meilleurs spécimens de l’art gothique catalan. Dans le cloître s’ouvre la chapelle de Sant Miquel, ornée de belles peintures de Ferrer Bassa. Sur l’avenue de Pedralbes, se trouvent les Pavellons Güell – à l’origine des écuries – construits par Gaudí, avec un extraordinaire dragon de fer forgé ornant la porte principale.

Vers le sud, l’ancienne commune de Les Corts de Sarrià est aujourd’hui traversée par l’avenue Diagonal : on y trouve le Palau de Pedralbes, la Cité Universitaire et le Camp Nou du Futbol Club Barcelona, stade grandiose, le plus populaire de Catalogne, dont la capacité d’accueil dépasse les 98.000 spectateurs assis. Sant Gervasi de Cassoles, sous le Tibidabo, partage avec Sarrià sa fonction résidentielle ; ici le précédent est illustre : c’est la demeure de Bellesguard construite sur ordre du roi Martin ler l’Humain au début du xve s. et entièrement reconvertie par Gaudí. Il subsiste de belles villas, des maisons modernistes, et de nombreux couvents et écoles religieuses, notamment le couvent des Soeurs de Sainte Thérèse, remarquable création de Gaudí.

Signalons encore des espaces verts intéressants, dont le parc de Monteroles et celui du Putxet, situés sur des collines d’où l’on peut contempler toute la ville. Horta se trouve sous les monts de Collserola, dans une vallée bien irriguée, où fut construit à la fin du XIVe s. un grand monastère, aujourd’hui disparu, de l’ordre de Saint Jérôme, appelé monastère de la Vall d’Hebron. Les jardins du Laberint d’Horta font partie de l’ancienne propriété des marquis d’Alfarràs. Ceux-ci firent construire en 1799 une belle demeure néoclassique entourée de jardins qui renferment des statues mythologiques, un kiosque, un étang et un labyrinthe de cyprès taillés. C’est aujourd’hui un parc municipal près duquel a été construit un vélodrome. Les cliniques et les hôpitaux sont très nombreux dans cette zone.

Plus bas, se trouve l’ancien village, aujourd’hui quartier, de Gràcia. C’est peut-être celui qui conserve avec le plus de force sa personnalité. Au XIXe s. Gràcia s’est distingué par son esprit républicain et libéral et par sa participation aux mouvements de revendication ouvrière (au cours des émeutes de 1870 contre les recrutements forcés, la « Campana de Gràcia », clocher de la place Rius i Taulet, n’avait cessé de sonner, devenant ainsi le symbole de la révolte). Les activités associatives, les fêtes et les coutumes y sont très vivantes ; ce sont par exemple la fête de Sant Medir où les colles (associations) font un pèlerinage à cheval à Sant Cugat del Vallès, ou la joyeuse fête patronale de la Vierge (15 août) pour laquelle les habitants décorent les rues de guirlandes et installent des chapiteaux toujours pleins d’animation. Quant aux monuments, signalons l’église Sant Josep qui fut celle d’un couvent de Carmélites au XVIIe s., la structure métallique qui couvre le marché de La Libertat, quelques maisons modernistes dont la Casa Vicens, l’une des premières réalisations de Gaudí (1889), et certaines maisons du Carrer Gran, l’artère principale du quartier, où les commerces sont très nombreux. C’est aussi dans Gràcia que se trouve l’ouvrage le plus connu de Gaudí, le Park Güell, inscrit par l’Unesco sur sa liste du patrimoine mondial. Selon le projet de Gaudí, ce devait être une cité-jardin, mais elle est restée inachevée. On peut y admirer les pavillons de l’entrée ; le perron, présidé par un fabuleux dragon, conduisant à la grande salle où devait se trouver le marché ; le plafond de mosaïque de cette salle, soutenu par 86 colonnes doriques, qui supporte une grande place circulaire, beau mirador sur la ville délimité par le célèbre banc ondulé recouvert de mosaïque ; les robustes arcades et les gros murs de contention le long des chemins ; enfin la Casa Museu Gaudí.

Sants, à l’ouest de la ville et de Montjuïc a été et continue d’être en partie un quartier industriel, avec ses usines historiques comme L’Espanya Industrial ou El Vapor Vell. C’est là que se trouve la gare centrale, dont les alentours ont été aménagés et présentent deux échantillons de la nouvelle architecture urbaine : la place des Països Catalans et le parc de l’Espanya Industrial que nous décrivons plus bas.

A l’est de Barcelone, en-deçà du Besòs, deux anciennes communes, Sant Andreu de Palomar et Sant Martí de Provençals – celle-ci avec une longue façade maritime –, sont devenues au XIXe s. des centres industriels et ont accueilli plus tard la forte immigration barcelonaise. Sant Martí de Provençals fut le plus transformé par les Jeux Olympiques de 1992 car c’est dans son quartier de El Poblenou que se trouve aujourd’hui le Village Olympique.