Vue de la mer, Barcelone est entourée et protégée par une muraille naturelle formée de hauteurs où la végétation est luxuriante, les monts de Collserola. Mirador incomparable de la ville jusqu’à la mer, c’est aussi une véritable réserve d’oxygène destinée à devenir le grand parc métropolitain. Le promontoire de Montjuïc, qui surplombe la mer à l’ouest de la vieille ville, est l’autre grand espace vert de la ville ainsi qu’un espace de loisirs.
Les monts de Collserola séparent Barcelone du Vallès. Leur point culminant se trouve dans leur partie centrale à 512 m : c’est le Tibidabo, aménagé dès le début du XXe siècle grâce à des initiatives privées et municipales. Le « Tramvia Blau » (tramway bleu) nous conduit jusqu’au funiculaire qui grimpe vers le sommet où se dresse la grande église expiatoire du Sagrat Cor. La silhouette caractéristique de ce monument néogothique conçu par Enric Sagnier fait partie intégrante du profil de la ville. Sur la grande esplanade qui s’étend devant et d’où l’on jouit d’une vue incomparable sur la ville, se trouve le parc d’attractions avec le populaire « avion », une tour de 50 m, le musée des automates, des restaurants, des cafés, etc., qui font de cet espace l’un des plus fréquentés des Barcelonais.
Sur les flancs de Collserola, à l’ouest, on peut aussi accéder par funiculaire à la zone résidentielle de Vallvidrera, qui faisait auparavant partie de Sarrià ; dans les bois de pins il y a encore de belles villas modernistes et la Vil·la Joana, devenue le musée Jacint Verdaguer. Près du Tibidabo se trouve l’Observatoire Fabra (1907), centre prestigieux de recherche météorologique, sismique et astronomique. Enfin, sur la crête se dresse la tour de télécommunications dessinée par l’architecte britannique Norman Foster, la Torre de Collserola ; de ligne futuriste, elle mesure 260 m de haut et ses services sont souterrains.
À mi-hauteur des collines, la route de Les Aigües serpente d’un bout à l’autre de la chaîne. Haute de 173 m, la colline rocheuse de Montjuïc s’élève au milieu des terrains sableux des embouchures du Llobregat et du Besòs. Grâce à sa situation stratégique, elle a joué depuis le haut Moyen Âge un rôle militaire, d’abord avec le Castell del Port et, à partir du XVIIIe s., avec le grand et massif Castell de Montjuïc, construit à la Vauban, en forme d’étoile, avec de larges fossés, des remparts et des fortins. Ce château a été pendant longtemps une prison militaire et le symbole de la répression jusqu’à sa cession à la ville en 1960. Il abrite aujourd’hui le musée militaire. Mais la véritable transformation de Montjuïc a eu lieu à l’occasion de l’Exposition internationale de 1929 : les flancs de la colline furent aménagés en jardins selon un projet de Forestier et de Rubió i Tudurí. Sur la place d’Espanya, que préside la grande fontaine monumentale de Jujol avec des sculptures de Blay, l’entrée de l’enceinte est flanquée de deux grandes tours inspirées du Campanile de Venise ; un hémicycle de colonnes, une série de pavillons précèdent les extraordinaires fontaines lumineuses et changeantes de Gaietà Buïgas et le large escalier qui mène au Palau Nacional. C’est un monumental bâtiment néoclassique coiffé d’une coupole centrale. Il abrite le Museu Nacional d’Art de Catalunya, qui contient de magnifiques collections d’art roman – dont de nombreuses peintures murales des Pyrénées de la région de Lleida – et gothique.
L’ancienne usine textile Casaramona, qui se trouve non loin, a été entièrement rénovée par la Caixa d’Estalvis i Pensions de Barcelona. Ce bel ouvrage moderniste signé Puig i Cadafalch, est aujourd’hui un grand centre culturel, appelé CaixaForum, qui accueille une belle collection d’art contemporain. Il y a beaucoup de choses à voir dans le Parc de Montjuïc. Le Poble Espanyol est un vaste ensemble qui reproduit des éléments de l’architecture populaire de toute l’Espagne.Toutes sortes d’artisans y travaillent (travail du bois, du verre, de l’imprimerie, fer forgé, etc.) et c’est en même temps le cadre de concerts et de fêtes populaires. Non loin de là, se dresse la statue équestre de Sant Jordi, véritable chef-d’oeuvre de Josep Llimona, sur un mirador d’où l’on domine la ville.
Le Stade olympique et le Palau Sant Jordi constituent l’Anneau olympique. Le Palau Albèniz accueille les hôtes illustres de la ville. L’ancien marché aux fleurs (Mercat de les Flors), les bâtiments contigus et le Palau de l’Agricultura
accueillent la cité du théâtre (Ciutat del Teatre), qui comprend plusieurs salles, les installations de l’Institut del Teatre et les nouveaux locaux de la compagnie Teatre Lliure, et c’est là aussi que se trouvent le musée d’archéologie et le musée d’ethnologie. Une ancienne carrière est devenue le Teatre Grec, un beau théâtre en plein air entouré de jardins où se tient en été le plus grand festival de Barcelone. Le Palau Municipal d’Esports est un ouvrage moderne, ainsi que la Fundació Joan Miró. Celle-ci est un centre actif d’étude d’art contemporain, qui renferme un riche fonds cédé par le peintre à l’intérieur d’un bel et lumineux ensemble de J. L. Sert (1974) agrandi en 1988. Un funiculaire qui part de l’avenue du Parallel rejoint le téléphérique qui mène au château et à un grand jardin d’espèces méditerranéennes.
Miramar, sur le versant nord, nous offre une belle vue panoramique sur le port et sur la ville ; on peut y accéder par le téléphérique du port. Entre la place d’Espanya et la mer, aux pieds de Montjuïc, s’étend l’ancien quartier industriel d’EI Poble Sec, au milieu duquel se dressent les emblématiques cheminées de la centrale thermique FECSA. Ce quartier est délimité par l’avenue du Parallel : au début du siècle dernier, cette avenue se remplit de cabarets, de théâtres et autres spectacles frivoles, ce qui lui valut le surnom de « Montmartre de Barcelone ».




