L’image de modernité qui est celle de Barcelone aujourd’hui et le réaménagement de la ville sont le résultat, d’une part, des travaux qu’exigeait la célébration des Jeux Olympiques de 1992 (nouvelles constructions ou transformations d’espaces existants) et, de l’autre, d’une volonté de rénover le centre historique, de remodeler la périphérie et d’y construire de nouveaux monuments. Nous donnons ci-après un aperçu des réalisations urbanistiques les plus récentes.
Le Parc de l’Espanya Industrial, à Sants, est une création de l’architecte basque Luis Peña Ganchegui, conçue à la façon de modernes thermes romains. L’élément central en est un lac navigable entouré de gradins sur lesquels se dressent dix tours, à la fois miradors et supports de l’illumination. Les sculptures qui s’y trouvent relèvent de conceptions esthétiques différentes, tels le grand dragon à toboggans d’Andrés Nagel, ou les oeuvres d’Anthony Caro et de Pablo Palazuelo, entre autres.
L’audacieuse place des Països Catalans, en face de la gare Barcelona-Central-Sants est un espace créé par Helio Piñón et Albert Viaplana selon les tendances d’une absolue modernité.
Tout près, vers la place d’Espagne, le Parc Joan Miró communément appelé Parc de l’Escorxador (« de l’abattoir » car c’est là que se trouvait l’abattoir municipal) occupe la surface de tout un pâté de maisons ; il comprend une esplanade avec l’étang d’où émerge la spectaculaire sculpture de Miró, Femme et oiseau, une grande palmeraie, des aires de jeux, des pergolas et des plantations de pins et d’eucalyptus.
Sur une des collines du nord de Horta se trouve le Parc de la Creueta del Coll dessiné par les architectes Martorell et Mackay. On peut y voir un lac avec une petite plage artificielle, une sculpture suspendue de Chillida appelée Elogi de l’aigua qui se reflète dans l’eau, et d’autres sculptures d’Ellsworth Kelly et de Roy Lichtenstein. Le Parc del Clot, conçu par Daniel Freixes et Vicente Miranda, dans le populeux quartier du même nom, est une création prodigieuse qui utilise des éléments des anciennes installations ferroviaires et une ancienne cheminée. On y voit la belle sculpture de l’Américain Bryan Hunt, Rites of Spring.
Dans le quartier tout proche de la Sagrera, le Parc de la Pegaso, conçu par Joan Roig et Enric Batlle, se trouve sur les terrains que cette entreprise a laissés libres. Il comprend une place dallée, une sculpture d’Ellsworth Kelly, des zones boisées et un petit lac.
À Sant Martí de Provençals, dans le secteur de La Verneda, la place de la Palmera entoure la grande sculpture conceptualiste de Richard Serra, qui consiste en un mur formé de deux blocs de béton concentriques de 52 mètres chacun. La place de Sóller, dans le quartier de Porta, possède un lac et une sculpture de Xavier Corberó.
La Via Júlia, qui va de la place de Llucmajor à la Via Favència, dans le quartier de Verdum, sert de décor à deux créations des sculpteurs Sergi Aguilar – une svelte structure métallique située sur un point stratégique – et Antoni Rosselló – un grand phare-colonne au bout de l’avenue. Cet ensemble doit être complété, sur la place de Llucmajor, du monument à Francesc Pi i Margall, de Josep Viladomat, sur un piédestal de Piñón i Viaplana, et d’une sculpture de Susana Solano.
Dans le domaine des communications, mentionnons tout d’abord le grand pont-sculpture de l’architecte et ingénieur Santiago Calatrava, qui relie les rues de Bac de Roda, dans le quartier de Sant Andreu, et de Felip ll, dans le quartier d’El Poblenou, devenant ainsi la porte de l’axe nord-sud du secteur est de la ville. Citons de même l’aéroport de Barcelone à El Prat de Llobregat, remodelé sous la direction de Ricardo Bofill.
Pour ce qui est de la récupération et de la restauration de bâtiments historico-artistiques, l’une des plus grandes réalisations a été l’intervention dirigée par l’architecte italienne Gae Aulenti pour le Palau Nacional de Montjuïc, qui abrite le magnifique Museu Nacional d’Art de Catalunya. Toujours à Montjuïc, le Pavelló Barcelona a été reconstruit en 1986 : dessiné par Mies van der Rohe, ce pavillon avait été celui de l’Allemagne à l’occasion de l’Exposition internationale de 1929 et il est considéré comme un modèle d’architecture moderne rationaliste ; on peut y voir la chaise Barcelona du même architecte et une sculpture de Gerg Kolbe. L’espace réservé à la Foire internationale de Barcelone et aux autres manifestations a été agrandi, et le Passeig de Maria Cristina, qui relie la place d’Espanya au Palau Nacional, a été restauré et embelli.
Dans le cadre du plan de réhabilitation du quartier d’EI Raval, l’équipe des architectes Piñón-Viaplana a remodelé l’ancienne Casa de Caritat, qui abrite le Centre de Culture Contemporaine de Barcelone et le Centre de ressources culturelles.
Tout près de là se dresse le très beau Museu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA), construit sur les plans de l’architecte américain Richard Meier, et les toutes nouvelles facultés d’histoire et géographie et de philosophie de l’Université de Barcelone.
Près de la Plaça de les Glòries Catalanes, où le plan Cerdà voyait le futur centre de Barcelone, se trouvent plusieurs équipements culturels récents. Le Teatre Nacional, dû à l’architecte Ricard Bofill, est un bâtiment de dernière génération en forme de temple classique, avec des structures métalliques et de grandes baies vitrées ; il accueille trois salles de théâtre. L’Auditori, qui a été construit sur des plans de Rafael Moneo, a également trois salles ; l’architecte y a habilement combiné l’apport de nouveaux langages à la robustesse classique et à la sensibilité envers le contexte urbain. Ce grand centre culturel de la Plaça de les Arts accueille en outre l’École supérieure de musique et un musée de la musique. Près de là, à l’Estació del Nord (gare du nord) il y a un parc avec deux grandes sculptures céramiques signées par l’Américaine Beverly Pepper. Intitulées Cel caigut et Espiral arbrada, elles sont un hommage à Gaudí et à Miró.
Un véritable courant créateur s’est déversé dans la conception et la réalisation de nouveaux lieux de rencontre. S’y révèle la présence d’une tradition du design tout aussi vivante dans l’architecture d’intérieur que dans le graphisme ou le dessin industriel. Certains de ces lieux furent des usines, des garages, des coopératives, des entrepôts, des locaux commerciaux ; d’autres sont nés de la récupération de maisons dont l’architecture présentait un certain intérêt. Les uns nous proposent une esthétique marginale ou alternative, d’autres une vague idée de « modernité ».
Les espaces qui ont vu se dérouler les compétitions olympiques, les services et infrastructures construits à cette occasion, ont été répartis sur quatre sites équidistants (les quatre « coins » de la ville) reliés par les Rondes, un boulevard périphérique long de 40 km. Certains de ces sites ont dû être profondément modifiés. Le Village olympique, par exemple, construit à El Poblenou, en bordure de mer, à l’est de la Barceloneta. Le port de plaisance, quant à lui, est dû à l’ingénieur J. R. de Clascà. Les deux tours spectaculaires qui se dressent devant, l’une abritant des bureaux et l’autre un grand hôtel, font désormais partie du profil maritime de la ville. L’endroit, où se succèdent cafés et restaurants de poisson, est devenu une zone de loisirs pour les Barcelonais, qui peuvent désormais aller se baigner le long des plages d’El Poblenou.
Nous donnons ci-après un aperçu des réalisations urbanistiques de ces dernières années.
La colline de Montjuïc a également bénéficié de ces transformations, avec de meilleures voies d’accès qui l’intègrent aujourd’hui dans les quartiers d’El Poble Sec et de la Zona Franca, et un parc y a été créé, le Parc del Migdia, qui comprend un espace destiné aux concerts. Mais le plus remarquable est certainement l’Anneau olympique. Le Stade Olympique a conservé sa façade de 1929 mais l’intérieur en a été rénové par l’équipe des architectes Gregotti, Correa, Milà, Margarit et Buixadé. Le nouveau Musée olympique et du sport est particulièrement innovant.
C’est en effet le premier musée à proposer une approche globale, tout à la fois historique, ludique, éthique et éducative, du sport en général et de l’olympisme en particulier. Le Palais des Sports Sant Jordi, couvert d’un grand dôme métallique, est une belle construction de l’architecte japonais Arata Isozaki; un très élégant bosquet de pierre et de métal réalisé par la sculptrice Aiko Miyawaki a été installé juste en face. Citons encore le pavillon de l’INEFC, l’université du sport construite par l’atelier de Ricard Bofill, et la grande tour de télécommunications de la Compagnie des Téléphones, due à Santiago Calatrava.
Sur le site de la Vall d’Hebron, se trouve, entre autres installations sportives, le Vélodrome, remarquable création des architectes Esteve Bonell et Francesc Rius. Il est entouré de beaux jardins, ornés de la remarquable « sculpture-poème » de Joan Brossa, qui le relient au Parc del Laberint. On y a reconstruit le Pavillon de la République espagnole, conçu par Josep L. Sert pour l’Exposition internationale de Paris de 1937 et qui avait accueilli dans ses murs le Guernica de Picasso et des oeuvres de Miró, Juli González, Calder, etc. En face se trouve la sculpture Mistos, réalisée par Claes Oldenburg et Coosje van Bruggen.
Enfin, le site de Diagonal-Pedralbes a été aménagé dans une zone qui comprenait une série d’installations sportives, comme le stade du «Camp Nou» du Futbol Club Barcelona ou les équipements de la Cité universitaire. Elles ont été complétées par de nouvelles réalisations qui empiètent sur la commune voisine de L’Hospitalet de Llobregat. D’énormes chantiers ont été entrepris dans la perspective du Forum universel des cultures en 2004, un événement qui a attiré des gens de tous les endroits du monde à Barcelone. Ainsi, l’avenue Diagonal a été prolongée jusqu’à la mer et 2,5 km de front de mer ont été réaménagés entre le quartier de Poblenou et la rive droite du Besòs, avec, notamment la construction d’immeubles et de tours ultramodernes, dont la fameuse tour Agbar, due à Jean Nouvel, lequel a également tracé les plans du parc du Centre del Poblenou, qui, vu du ciel, fait penser à un superbe puzzle.
source : office du tourisme de Barcelone





