Cet espace, qui s’étend de la colline de Montjuïc jusqu’à l’embouchure du Besòs, comprend le quartier de La Barceloneta et les plages d’EI Poblenou. Barcelone trouve là sa raison d’être comme capitale maritime empreinte du caractère méditerranéen.
Les anciens chantiers navals, Les Drassanes, sont le monument le plus significatif de la zone portuaire et portent témoignage de la splendeur du commerce maritime et de la marine catalane au Moyen Âge. Datant du XIVe s., ce sont les plus grands arsenaux médiévaux du monde et les seuls à être aussi bien conservés. Leurs très vastes nefs gothiques abritent aujourd’hui le musée maritime. À côté de ce monument subsistent une porte et des pans des anciennes murailles, seuls vestiges des fortifications médiévales. En face, se dresse le monument à Christophe Colomb. Celui-ci fut accueilli par les Rois Catholiques à Barcelone, au retour de son premier voyage au Nouveau Monde en 1493. Le monument, conçu par Gaietà Buïgas en 1886, comprend la statue de l’amiral fixée au sommet d’une colonne métallique de 50 mètres. Il fait désormais partie intégrante du paysage de la ville. À ses pieds, dans les eaux du port, les fameuses « golondrinas » (sortes de bateaux-mouche) font sans cesse leur aller-retour jusqu’à la jetée.
Après que le Moll de la Fusta – encadré par deux sculptures de l’architecte Robert Krier dédiées à Joan Salvat-Papasseit et à Ròmul Bosch i Alsina, à l’ouest, et par le monument Barcelona Head, de Roy Lichtenstein, à l’est – eût été réaménagé, l’ensemble du port a fait l’objet d’une rénovation sans précédent. À côté des « golondrinas » commence la Rambla de Mar, une passerelle mobile en bois qui permet de traverser le port jusqu’au Moll d’Espanya, où l’on trouve, outre le nouvel Aquarium, un centre commercial et de loisirs abritant des cinémas, des restaurants, etc.
De l’autre côté du Passeig de Colom, on traverse la belle petite place du Duc de Medinaceli pour déboucher sur une autre place récemment agrandie, devant la basilique de La Mercè, invocation mariale à la sainte patronne de la ville ; c’est un monument baroque du XVIIIe s. dont la façade est disposée en arc de cercle.
Sur la place d’Antoni López, au-delà de la Via Laietana, la grande artère qui coupe la vieille ville en direction du port, se trouve La Llotja, qui abritait l’ancienne bourse de commerce des marchands de la ville et où se déroulaient récemment encore les séances de la Bourse de Barcelone. L’intérieur (du XIVe s.), rythmé par de grands arcs de style gothique catalan, porte témoignage de la période du plus grand essor du commerce en Méditerranée. La façade et quelques dépendances ont été reconstruites en style néoclassique à la fin du XVIIIe s. L’ensemble des bâtiments néoclassiques à portiques que l’on voit en face, décorés de médaillons et de panoplies sur le thème de la mer sont appelés Porxos d’en Xifré, car ils furent construits sur ordre de l’« indiano » Josep Xifré (1836), qui fit fortune en Amérique. Sous les arcades et dans les rues voisines, s’étend le petit monde très fréquenté des bazars du port qui s’ouvre sur la Plaça (ou Pla) de Palau, le centre politique de la ville aux XVIIe-XIXe siècles. Le Palau Reial a disparu, mais il reste de l’époque l’ancienne douane, la Duana Nova. C’est un bel édifice baroque (1792) où siège le Govern Civil depuis 1902. Un peu plus loin nous arrivons à la grande Estació de França construite en 1929 sur la gare primitive de la ligne Barcelone-Mataró (1848).
La Barceloneta est un singulier quartier maritime. Il est situé sur une langue de terre triangulaire formée par les alluvions de sable que la construction du port de Barcelone a déposées à l’est (XVIIe s.). C’est ce qui a fait dire que La Barceloneta, comme Vénus, a surgie des eaux.
Exemple de l’urbanisme baroque, le quartier fut dessiné par l’ingénieur militaire Juan Martín Cermeño vers le milieu du XVIIIe s., avec, comme module de base, des pâtés de maisons réguliers de forme allongée. Parmi les échantillons de l’architecture de l’époque, signalons la belle église Sant Miquel del Port dont la façade est de style baroque italianisant. Habité depuis toujours par les pêcheurs et les gens de la mer, ce quartier était le point de rencontre des Barcelonais avec la mer, avant que la façade maritime ne soit entièrement remodelée. L’ancien Magatzem General del Port, rebaptisé Palau del Mar, accueille le Museu d’Història de Catalunya, un musée thématique sur l’histoire de la Catalogne, de son premier peuplement à nos jours. Aux pieds du bâtiment, plusieurs restaurants de poisson font honneur à la tradition culinaire de cet ancien quartier de pêcheurs.
Les quais et les docks du port de Barcelone, qui est l’un des principaux ports méditerranéens, occupent le front de mer. Du côté de la Barceloneta, au bord du Moll del Rellotge, le port de pêche fait encore montre d’une certaine animation près du Port Vell, l‘un des deux ports de plaisance de Barcelone, l’autre étant le Port olympique. Non loin, la tour métallique Sant Sebastià se dresse juste avant la grande digue ; c’est le point de départ du téléphérique qui, en surplombant le bassin, mène jusqu’à sa tour jumelle, la tour Sant Jaume, et, de là, à Miramar, un belvédère situé à 80 m de haut sur les flancs de la colline de Montjuïc.
Le Parc de la Ciutadella, situé entre les quartiers de La Ribera et La Barceloneta, doit son nom à l’ancienne fortification militaire construite par Philippe V, lequel voulait soumettre la ville qui avait été son ennemie pendant la Guerre de Succession (1714). La démolition de 1869 a épargné le palais du Gouverneur, la chapelle et l’arsenal, bel édifice baroque, aujourd’hui siège du Parlement de Catalogne. Le parc tel que nous le connaissons a été dessiné par Josep Fontserè. Ses vastes parterres, ses arbres, sa monumentale cascade (avec des sculptures de Nobas et de Vallmitjana) et son lac transmettent une agréable sensation de calme et de repos. Parmi les sculptures, citons la charmante Dama del Paraigua, de Roig Solé, qui est devenue symbole de la ville, et le magnifique Desconsol de Llimona. À l’intérieur du parc se trouve le grand Zoo de Barcelone.
À l’occasion de l’Exposition Universelle de 1888, qui fut pour la ville d’une grande importance, de nouveaux bâtiments furent construits. Outre leur intérêt intrinsèque, ces constructions présentent celui d’être les pionnières du Modernisme. Ce sont par exemple l’Arc de Triomf, qui précède le parc, le Castell dels Tres Dragons, de Domènech i Montaner (1888), bâtiment de brique qui abrite le musée de zoologie ; I’Hivernacle, construction de fer et de verre de J. Amargós restaurée et reconvertie en centre culturel ; enfin, I’Umbracle qui a une structure de brique et de bois, oeuvre de Fontserè.
Le quartier, également aménagé par Fontserè, recèle d’autres endroits à voir, tels l’Edifici ou Dipòsit de les Aigües (château d’eau), qui abrite la bibliothèque de l’université Pompeu Fabra, ou les anciennes halles d’El Born et leur belle structure en fer, dans le sous-sol desquelles ont été trouvées, en 2002, d’intéressantes ruines archéologiques de la cité du Moyen Âge et de la ville moderne, détruite à la fin de la Guerre de Succession (1714) pour laisser place à une citadelle militaire. El Born accueillera prochainement un centre culturel.



