Barcelone : la vieille ville

Palau Dalmases. © Turisme de Barcelona / J. Trullàs

Palau Dalmases. © Turisme de Barcelona / J. Trullàs

Barcelone fut fondée par les Romains qui établirent une nouvelle colonie, Barcino, dans la plaine maritime délimitée par le Llobregat et le Besòs, point de rencontre des grandes voies de communication du pays pendant le règne de l’empereur Auguste (27 av. J.-C. -14 apr. J.-C.).

L’enceinte primitive, située sur une petite colline appelée Mons Taber, répondait à la structure habituelle de l’époque : plan rectangulaire coupé par deux axes (decumanus et cardo maximus) qui se rejoignaient au forum. Celui-ci se trouvait sur l’emplacement de l’actuelle place de Sant Jaume, qui demeure le centre politique de la ville. Sur le sommet de la colline fut élevé le temple d’Auguste dont quatre colonnes imposantes subsistent à l’intérieur du Centre Excursionista de Catalunya. Les pans de muraille romaine que nous pouvons encore voir appartiennent aux fortifications de la fin du IIIe s. et début du IVe s., époque où Barcelone avait déjà remplacé de fait Tarraco comme capitale de l’Hispanie Citérieure, après la première invasion des Francs et des Alamans. Reléguée à un second plan par les Wisigoths – malgré son statut de capitale qui ne fut qu’un bref épisode sous le règne d’Athaulf (415) –, elle fut dominée par les Musulmans (VIIIe s.) et prise par les Francs en 801. Elle devint ainsi une Marche des territoires carolingiens au sud des Pyrénées, et la capitale du comté de Barcelone, héréditaire depuis Wilfrid le Velu et indépendant depuis 988 grâce à Borrell II. Le comté jouit de la suprématie sur tous les comtés catalans et exerce un rôle prépondérant dans la confédération de Catalogne-Aragon jusqu’à la fin du XVe s. Enfin, l’essor important du commerce en Méditerranée en fit une grande puissance maritime.

La cadre de cette splendeur passée est l’ensemble de la ville médiévale, entourée de murailles jusque vers le milieu du XIXe s., dont le centre est ce que l’on désigne comme Barri Gòtic ou quartier gothique (bien que la présence de l’art gothique s’étende au-delà). Il comprend les principaux édifices clé de la vie politique, passée et présente, de la cité.

La Plaça del Rei est délimitée d’un côté par le Palau Reial Major qui fut la résidence royale, bâtie pour l’essentiel au XIVe s. La façade du palais est flanquée de la grande tour connue comme le Mirador del Rei Martí, qui date du XVIe s. Un perron arrondi nous mène, par une porte à vousseaux, au Salon du TinelI, sobre et très beau avec ses grands arcs de pierre qui soutiennent le plafond, et à la petite chapelle gothique de Santa Àgata, qui renferme le magnifique retable dit du Connétable, de Jaume Huguet. Sur les autres côtés de la place, se trouvent le Palau del Lloctinent, grande demeure Renaissance qui abritait récemment encore les Archives de la Couronne d’Aragon, et la Casa Clariana Padellàs, où est installé le Museu d’Història de la Ciutat.

Basílica de Santa Maria del Mar. © Turisme de Barcelona / Espai d’Imatge

Basílica de Santa Maria del Mar. © Turisme de Barcelona / Espai d’Imatge

La cathédrale rassemble de remarquables bâtiments édifiés à des époques diverses. L’intérieur est formé de trois vastes nefs aux sveltes lignes gothiques (XIIIe-XVe siècles, à l’exception de la tour lanterne et de la façade, néogothiques) et contient un patrimoine d’art extraordinaire (crypte de Santa Eulàlia, stalles du choeur, peintures, sculptures, pièces d’orfèvrerie). Dans le cloître s’ouvre la petite chapelle romane de Santa Llúcia. À proximité se trouvent les Cases dels Canonges, bâtiments gothiques, aujourd’hui résidence officielle du président de la Generalitat, et la Casa de l’Ardiaca construite sur la muraille romaine, qui renferme les Archives Historiques de la ville. Juste à côté, la Pia Almoina, un beau bâtiment du Moyen Âge, abrite aujourd’hui le Museu Diocesà de Barcelona, qui contient de superbes témoignages de l’art religieux. Sur l’avenue de la Cathédrale, s’élève le moderne bâtiment de l’ordre des Architectes, orné d’un sgraffite de Picasso. Sur la place de Sant Jaume, témoin de tous les grands événements de la vie de Barcelone, se font face le siège de la Generalitat et l’Hôtel de Ville.

L’institution du parlement catalan remonte au XIIIe s. et sa délégation permanente est devenue la Generalitat de Catalunya, restaurée au XXe s. Le Palau de la Generalitat comprend de beaux éléments gothiques – entrée et cour, chapelle de Sant Jordi où l’on peut admirer le meilleur gothique flamboyant catalan, et le Pati dels Tarongers (Cour des Orangers) qui datent pour l’essentiel du XVe s., et présente une harmonieuse façade Renaissance (XVIe s.). La Casa de la Ciutat (Hôtel de Ville) fut le siège du Consell de Cent, l’une des plus anciennes représentations du pouvoir municipal, organisme de gestion de la ville jusqu’au XVIIIe s. La façade latérale et le célèbre Salon des Cent, à l’étage principal, sont gothiques (XVe s.) et la façade principale néoclassique (XIXe s.).

Dans le vieux quartier de La Ribera, là où cohabitaient les marchands, les nobles et les gens de la mer au Moyen Âge lors du grand essor du commerce méditerranéen, se dresse l’église Santa Maria del Mar, considérée comme l’un des plus beaux ouvrages du gothique catalan (XIVes.) pour la pureté de ses lignes et l’harmonie de ses proportions. C’est aussi dans ce quartier que se trouve la rue de Montcada, où habitaient de puissantes familles de la noblesse catalane.Y subsistent divers palais gothiques et Renaissance avec leur cour d’où part l’escalier pour l’étage principal, garni de galeries à arcades. Les plus visités sont ceux qui abritent le Museu Picasso, le musée du costume (Museu Tèxtil i de la Indumentària, Palau dels Marquesos de Lió), la galerie Maeght (Palau dels Cervelló) et le Palau Dalmases.

Dans le vieux quartier d’El Raval à droite de la Rambla, l’ensemble des bâtiments qui forment l’ancien Hospital de la Santa Creu, créé en 1410 dans le but d’y concentrer les divers hôpitaux de la ville, nous rappelle aussi la splendeur du passé : outre les grandes salles gothiques occupées aujourd’hui par la Biblioteca de Catalunya, signalons l’ancienne Casa de Convalescència, baroque avec une cour décorée de belle céramique, et l’ancien Collegi de Cirurgia, néoclassique, devenu l’Acadèmia de Medicina. Autour de cet ensemble se tient la Foire de Sant Ponç en souvenir de la traditionnelle vente d’herbes médicinales. Nous ne sommes pas loin non plus de l’ancienne Casa de Caritat, qui accueille aujourd’hui le Centre de Cultura Contemporània de Barcelona (CCCB) et le Centre de Recursos Culturals, ni de l’Església dels Àngels, une église de style gothique tardif récemment restaurée. Entre les deux s’élève depuis peu le tout nouveau Museu d’Art Contemporani de Barcelona (MACBA). Dans la partie basse du quartier, aujourd’hui en plein « Quartier Chinois », on est surpris de trouver la très belle église et le cloître de Sant Pau del Camp, abbaye bénédictine dès le Xe s. et exemple remarquable de l’art roman catalan (XIe-XIIIe siècles).

Une autre partie de la vieille ville est également digne d’intérêt : c’est celle qui entoure l’église gothique de Santa Maria del Pi avec sa rosace et sa tour clocher. Dans la typique rue de Petritxol vient d’être rénovée l’une des plus anciennes galeries d’art de Barcelone, la Sala Parés. Dans la rue de La Palla, qui mène à la cathédrale, les antiquaires voisinent avec les bouquinistes. Enfin, dans le quartier de Sant Pere, se trouvent l’église de l’ancien monastère de religieuses bénédictines de Sant Pere de les Puelles et l’un des monuments modernistes les plus justement célèbres de Barcelone, le Palau de la Música Catalana. C’est un chef d’oeuvre de Domènech i Montaner (1908), richement décoré de sculptures et de céramique, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

source : Office du tourisme de Catalogne